Nouveau logo de l’OM : une refonte historique qui divise le Peuple Bleu et Blanc

C'est une page qui vient de se tourner dans l'histoire de l'Olympique de Marseille. Le 8 avril 2026, lors du dîner de gala du programme « Treizième hOMme » au Fort Ganteaume, le club phocéen a officiellement dévoilé son tout nouveau logo, le douzième emblème de son histoire, qui remplacera à partir de la saison 2026-2027 l'écusson en place depuis 2004. Et comme à chaque fois qu'il est question de toucher à l'identité visuelle du club le plus populaire de France, les réactions ne se sont pas fait attendre.

Nouveau logo Olympique de Marseille 2026

Ce que l’OM présente comme une « nouvelle ère »

Selon le discours officiel du club, le nouveau blason a nécessité un an et demi de travail. Déposé à l’INPI dès le 12 mai 2025, le projet a été mûrement réfléchi avec une ambition revendiquée : ancrer l’image de l’OM dans l’ère numérique, proposer un logo aussi percutant sur l’écran d’un smartphone que sur la façade du Vélodrome.

Le résultat ? Un emblème de forme ronde, au bleu plus profond, baptisé « Bleu Marseille », dans lequel le O et le M ne font qu’un dans un monogramme réinventé. Un logo que beaucoup d’observateurs du football trouvent très proche du nouveau logo de l’Inter Milan.

L’étoile dorée, symbole du sacre en Ligue des Champions de 1993, est préservée, tout comme la devise historique « Droit au but ». Il aura toutefois fallu que les groupes de supporter montent au créneau pour imposer le maintien de la devise !

Le club parle d’une structure « géométrique et organique », décrivant un « M qui se déploie librement, rappelant la vivacité de l’eau, la liberté du vent et le feu qui brûle au cœur de Marseille ».

Trois mots résument le projet selon la direction olympienne : simplicité, adaptabilité et application à l’industrie du foot. Une nouvelle typographie maison, baptisée « OM Marseille », des textures « Ferveur » inspirées des photographies de supporters, et une palette chromatique resserrée autour du bleu Méditerranée et du doré complètent cette identité visuelle totalement repensée.

L’histoire du logo de l’OM : 12 blasons en 127 ans

Pour comprendre pourquoi ce changement soulève autant de passions, il faut replacer le logo dans l’histoire du club fondé en 1899.

Le premier emblème de l’OM était sobre, ancré dans les codes du football de l’époque. C’est entre 1935 et 1972 que le club adopte un style graphique soigné, dit « art déco », qui inspira directement le nouveau logo 2026. Une période considérée comme l’âge d’or visuel du club, avec des formes rondes, des contours nets et un traitement typographique élégant.

Les décennies suivantes voient l’identité du club évoluer au rythme des présidences et des succès sportifs. L’ère Tapie (1986-1993), marquée par la conquête de la Ligue des Champions à Munich, s’accompagne d’un blason qui reste gravé dans la mémoire collective. Pour beaucoup de supporters, c’est à cette époque que l’OM avait sa plus belle identité visuelle, indissociable des cinq titres de champion et de la Coupe d’Europe.

En 2004, sous la présidence de Christophe Bouchet, l’OM adopte son onzième logo, celui qui vient d’être remplacé. À l’époque, la transition avait déjà été vécue douloureusement par une partie des supporters. Interrogé en 2026, Bouchet lui-même reconnaît : « Les réactions avaient été très négatives. Les supporters, ils sont comme les Français, ils sont plutôt conservateurs. » Ce logo, surnommé le « Logo Bouchet », ne s’est jamais vraiment imposé dans le cœur des virages : « Il n’a jamais été accepté ni mis en avant. Aucun tifo ne lui a jamais été consacré », entend-on du côté des groupes de supporters.

Vingt-deux ans plus tard, il laisse sa place à l’emblème présenté comme la refonte la plus ambitieuse de l’histoire du club.

Un logo qui fait (vraiment) débat

Dès les premières fuites sur les réseaux sociaux au printemps 2025, les réactions ont été vives. Et depuis la présentation officielle du 8 avril 2026, le débat s’est amplifié.

Le camp des phocéens déçus : une majorité bruyante

Une majorité des commentaires sur les réseaux sociaux rejoignent le camp des décus : « Envie de vomir », « un logo de clown », « il pue ce nouveau logo », « moche de chez moche » peut-on lire sur X.

Ces verbatims, recensés sur les forums et réseaux sociaux, traduisent une frustration profonde. Beaucoup de supporters regrettent la ressemblance supposée du nouveau blason avec des logos tiers. Un rapprochement avec le logo de Volkswagen, avec celui de l’Inter Milan ou encore de WordPress est revenu en boucle dans les commentaires :

« Volkswagen vient d’annoncer son partenariat avec l’OM », ironie récurrente sur X. D’autres, comme la Vieille Garde du Commando Ultra 84, sont allés plus loin, réactivant une vieille revendication :

Sans oublier l’influenceur marseillais le plus connu, Bengouz, qui n’y va pas avec le dos de la cuillère pour exprimer son mécontentement :

Le camp des convaincus : une modernité assumée

Mais tous les supporters ne partagent pas ce rejet. Une partie de la communauté olympienne, souvent plus jeune, y voit au contraire un souffle nécessaire. Quelques voix se sont élevées pour défendre le projet :

Sur La chaîne L’Équipe, le consultant Pierre Bouby a apporté un regard plus positif, inscrivant cette évolution dans une dynamique globale de transformation du club et qualifiant le changement de « dans l’air du temps ».

La consultation des ultras : un compromis trouvé

Ce qui distingue cette refonte des précédentes, c’est le processus qui l’a précédée. Des réunions ont été organisées à la Commanderie pour consulter les groupes de supporters en amont, une démarche inédite dans l’histoire récente du club.

À l’origine, l’étoile et la devise « Droit au but » devaient disparaître de certaines versions du logo. Sous la pression des groupes ultras, qui ont posé ces deux éléments comme conditions non négociables, ils ont finalement été maintenus, tout en laissant au club la flexibilité de les omettre sur certains supports commerciaux, une concession qui continue d’alimenter la méfiance de certains.

Marseille, la ville où changer un logo n’est jamais anodin

À Marseille plus qu’ailleurs, le blason d’un club dépasse la simple question esthétique. Il est un marqueur identitaire, une bannière qui transcende les générations et les frontières du football. Certains supporters vont jusqu’à le comparer aux armoiries de la ville elle-même.

C’est pourquoi le débat ne se réduit pas à une question de goût graphique. Il touche à l’appartenance, à la mémoire collective, à la question de savoir ce qu’est vraiment l’OM dans l’âme de ceux qui le portent depuis toujours. Et comme souvent dans l’histoire du club phocéen, une vérité s’impose en filigrane : l’acceptation d’un nouveau logo dépendra, en grande partie, des victoires qui l’accompagneront.

À Marseille, on n’aime pas seulement un logo pour ce qu’il est. On l’aime pour ce qu’il représente. Alors si vous faites partie de ceux qui sont attachés à l’histoire de l’OM, une visite du stade Vélodrome et de son musée s’imposent !